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LES COMMENCEMENTS DE LA LUTTE Le duc d'Albuquerque gouverneur de Milan. -Le sénat de Milan. -Ses prétentions - Il veut réviser et corriger le concile provincial -La juridiction de archevêques de Milan. - Opposition du sénat à son exercice - L'affaire est déférée au pape. -Les négociations du cardinal-secrétaire d'Etat avec la Cour d'Espagne. -On arrête l'officier de l'archevêque de Milan - Saint Charles excommunie les violateurs de sa juridiction. Le cardinal Alexandrin ordonne au nonce d'instruire le roi d'Espagne de tout ce qui s'est passé - L'attitude du saint archevêque - Il fait l'éloge de ses adversaires - Le marquis de Ceralvo, envoyé du roi d'Espagne - Son entrevue avec Saint Charles. Noble réponse du saint - Sa soumission à tout ce que le pape décidera - La faiblesse du duc d'Albuquerque - « Dieu nous prêtera certainement sa main » Milan, en passant sous la domination de l'Espagne, avait vu placer à sa tête comme administrateur et chef un grand d'Espagne. Au moment où le cardinal Borromée prit possession de son archevêché, le gouverneur de la province était Gabriel della Queva duc d'Albuquerque : brave capitaine, bon, loyal, intègre, patient, animé de bonnes intentions, il avait dès le début donné lieu d'espérer que le cardinal trouverait en lui un coadjuteur puissant, pour l'exécution des projets de réforme qu'il avait conçus. « J'ai trouve ce gouverneur, écrivait-il lors de sa première visite, si bon, si religieux, si dévoué à Notre Seigneur, que je n'aurais jamais pu me l'imaginer tel. » Le gouverneur n'était pas seul et il était obligé de tenir compte du sénat de Milan. Il avait promis de n'apporter aucun obstacle, il est vrai, à la promulgation des bulles du pape, des édits et des décrets que l'archevêque croirait utiles ou nécessaires d'établir; mais, sans l'assentiment du sénat, il ne pouvait ni favoriser, ni aider d'une manière absolue les bonnes intentions et les actes de saint Charles, et cette assemblée, en lui refusant sa participation et son consentement, paralysa plus d'une fois ses bons désirs. L'autorité du sénat était suprême
à Milan; il se composait d'hommes, d'un âge mûr, appartenant
à la noblesse et à la bourgeoisie espagnoles et lombardes.
Ces sénateurs se donnaient une grande importance : leurs prétentions,
aussi ridicules qu'obstinées, suscitèrent souvent les plus
sérieux obstacles à la bonne administration de la ville
et de la province. « Ce sénat n'était point fait pour
la nation, dit Cantu ; mais il était arbitre de la vie et de l'avoir
de la nation ; il éternisait les luttes dans un labyrinthe de procédures
compliquées, il jugeait sans appel tanquam Deus : la loi lui reconnaissait
l'autorité de confirmer, de casser les constitutions du prince,
d'enlever et d'accorder n'importe quelle dispense, même des statuts
et des constitutions.. .L'autorité suprême en fait de justice
donnait la plus grande importance au président du sénat.
» Le saint ne voulut rien céder, il fit demander au roi, au contraire, son appui pour l'exécution de son concile. Il y avait dans cette prétention du sénat, un indice de dispositions malveillantes que ce premier succès du cardinal n'était pas de nature à faire disparaître. Depuis longtemps, les archevêques de Milan jouissaient, sans conteste, d'une juridiction assez étendue; ils avaient le droit d'avoir une famille armée et de citer à leur tribunal les laïcs eux-mêmes pour les crimes offensant la foi et la morale. Par suite de la longue vacance du siège épiscopal, de la faiblesse des vicaires chargés de l'administration du diocèse, au milieu des guerres et des troubles qui avaient agité le Milanais, ce droit avait cessé d'être appliqué pendant plusieurs années. En présence de l'obstination de plusieurs pécheurs publics et scandaleux, saint Charles ne vit pas un moyen de correction plus efficace que celui d'un châtiment public et exemplaire. Il n'avait pas besoin pour cela d'innover, il n'avait qu'à reprendre les anciens usages, à se servir des droits inhérents à son Église. Après des exhortations, des avertissements préliminaires restés inutiles, il cita à son tribunal plusieurs des coupables. Aussitôt les ministres du roi s'émurent de ce qu'ils appelèrent un empiétement épiscopal sur le droit de 1'Etat, ils avertirent les officiers de l'archevêque de ne plus oser porter la main sur un seul laïc, ils leur défendirent également de porter des armes. Saint Charles vit avec peine qu'on voulait lui interdire le seul moyen qui lui restait de couper le mal dans sa racine; il demanda à Dieu la lumière dont il avait besoin, puis il écrivit au souverain pontife pour exposer la situation et demander ce qu'il devait faire. Il essayait en même temps, par la douceur, d'entrer en composition avec les ministres du roi. Mais, ayant appris, par leur entretien, qu'ils avaient déféré la cause au roi d'Espagne, il résolut lui-même d'écrire au monarque ; il connaissait sa foi, son esprit religieux, et il crut bon de prévenir la mauvaise impression que la dénonciation du sénat pourrait produire sur son esprit. Philippe II lui répondit avec bonté : « Il s'en rapporterait, disait-il, à la décision du Saint Siège, au jugement duquel lui aussi remettait toute l'affaire. » Il écrivit dans le même sens aux magistrats de Milan, ajoutant qu'il entendait que le droit de chacune des parties restât inviolable, jusqu'à la décision du souverain pontife. Le sénat avait député à Rome Jean Paul Chiesa, sénateur, pour défendre sa cause. Saint Pie V, par son entremise, adressa une lettre au gouverneur et au sénat de Milan pour les prier de vouloir bien aider l'archevêque et ses suffragants dans l'accomplissement de leur devoir pastoral ; il leur demandait en conséquence de laisser intacts tous les droits, jusqu'à ce qu'il eût rendu lui-même une sentence sur la question en litige, ce qui ne tarderait pas. Cette lettre du pape fit concevoir des espérances de paix ; mais la passion de quelques sénateurs était loin d'être disposée à la conciliation, ils étaient impatients de lutter contre l'archevêque, de la vaincre et de l'empêcher de poursuivre ses réformes. Nous laisserons ici le cardinal Alexandrin, secrétaire d'Etat et neveu de saint Pie V, raconter au nonce du pape, en Espagne, les faits qui suivirent cette lettre de Pie V. Nous pensons qu'on lira avec intérêt ces lettres inédites, elles exposent l'affaire avec une grande clarté et elles font du saint l'éloge le plus grand et le plus autorisé. « Monseigneur l'illustrissime Borromée,
pour satisfaire à son devoir de pasteur et d'archevêque de
Milan a voulu supprimer les nombreux abus et les crimes qui existent,
dans cette ville et ce diocèse, parmi les ecclésiastiques
et parmi les séculiers. La puissance du démon a si bien
prévalu que le sénat, sous le prétexte et l'apparence
de vouloir sauvegarder la juridiction royale, a fait opposition à
Sa Seigneurie illustrissime : il prétend que le cardinal ne peut
avoir des gens armés pour faire les exécutions qui se présentent.
Voyant ensuite qu'ils ne pouvaient ni maintenir, ni défendre leur
assertion sur ce point, les sénateurs se sont réfugiés
derrière ce subterfuge, à savoir que si l'archevêque
avait le droit d'avoir une famille armée, c'était seulement
pour s'en servir contre les clercs et non point contre les séculiers.
Le sénateur Chiesa est venu ici pour ce sujet ; le Saint Pére
a désigné quatre cardinaux, versés dans la connaissance
du droit, et beaucoup d'autres docteurs ecclésiastiques et laïcs,
pour discuter cette cause. Les deux parties ont écrit. Voyant que
la discussion de 1'affaire et la décision de Sa Sainteté
demanderaient du temps, selon l'usage de ce Saint-Siège de ne jamais
décider une chose sans l'avoir d'abord bien triturée et
examinée, Chiesa est retourné dans sa patrie. Il ne pouvait
être plus longtemps absent de chez lui, puis les chaleurs croissantes
l'incommodaient, et il a laissé à Notre Seigneur le soin
de décider ce gui serait juste... Le cardinal a continué
à user de ses droits, en faisant poursuivre et punir les délinquants
; il a fait prendre un gentilhomme, si toutefois il est digne de ce nom,
qui, pour de l'argent, livrait son propre , honneur et celui de sa maison,
du moins, cela résulte du bruit public et des lettres mêmes
que le duc d'Albuquerque a écrites à Sa Sainteté...
Cette cause se discutait et se jugeait ici, avec toutes les circonstances
et avec la maturité convenable, du consentement du même sénat,
quand tout à coup, ces mois passés, on apprend que le capitaine
de justice de Milan a fait donner trois tours de corde au chef des archers
de Monseigneur illustrissime, sur la place, publiquement, sous prétexte
qu'on l'avait trouvé portant des armes prohibées. Cette
action si indigne et vraiment injuste, car on ne doit jamais rien innover,
la cause étant pendante, vous le savez bien, a produit une telle
terreur parmi tous les autres officiers de justice de Sa Seigneurie illustrissime,
qu'ils ont aussitôt pris la fuite, dès qu'ils ont appris
ce fait. Ce bon seigneur se trouve ainsi non seulement offensé
dans sa dignité et sa juridiction, mais encore il est privé
de la milice ordinaire de sa cour, tandis qu'on devait attendre la solution
de la cause. Comme vous le pouvez voir, il s'agit en même temps
de la juridiction et de l'autorité du Saint-Siège. Notre
Seigneur est d'autant plus mécontent du sénat, dans cette
circonstance, que Sa Majesté s'était montrée plus
modérée et plus prudente. » Le gouverneur n'avait rien su de toute cette affaire : il était plus habitué à vaincre sur les champs de bataille qu'à démêler les intrigues de la politique et à en triompher: son âme chevaleresque et loyale n'avait même pu soupçonner une pareille audace. Ce fut avec une profonde douleur qu'il apprit cet événement, il employa toute sa bonne volonté pour tâcher de calmer les sénateurs, leur faire comprendre leur tort et étouffer l'affaire. Mais ses efforts vinrent échouer devant la passion du sénat. Celui-ci accusa saint Charles d'être l'auteur de ce scandale, il écrivit même en ce sens au souverain Pontife. Saint Pie V ne répondit point au sénat de Milan ; mais dans une lettre au gouverneur, il le suppliait de faire rendre satisfaction aux droits de l'Eglise et il condamnait le président du sénat et deux sénateurs à paraître, à Rome même, devant son tribunal, dans le délai de trente jours, ainsi que tous ceux qui avaient encouru l'excommunication. Par son ordre, le cardinal Alexandrin écrivit au nonce d'Espagne, de porter plainte au roi et d'engager Sa Majesté à donner sur ce point satisfaction au saint père. Si le roi est absent, il ordonne au nonce de l'aller trouver, car cette affaire préoccupe Sa Sainteté autant que quoi que ce soit. Dans sa lettre, le cardinal Alexandrin fait un grand éloge de saint Charles. « Les sénateurs, dit-il, n'ont eu aucun égard pour leur pasteur : s'ils vivaient bien, ils reconnaîtraient qu'ils lui doivent une reconnaissance si grande qu'aucun autre archevêque, depuis deux cents ans, n'a pu en mériter une pareille. Ce cardinal n'est occupé qu'à une seule chose, ramener le clergé et les laïcs à une vie chrétienne, en leur enseignant, par ses exemples et par ses leçons, le moyen d'y arriver. Ilsprétendent qu'il porte préjudice à la juridiction du roi, comme si vouloir travailler à faire vivre les hommes chrétiennement, pouvait être préjudiciable à l'autorité de Sa Majesté. Ils ne réfléchissent pas combien il est plus facile à la dite majesté de régir et de gouverner les états religieux, dont les sujets vivent chrétiennement, respectent l'Église et les personnes ecclésiastiques, que les états où l'on mène une vie dissolue et sans religion. « Ce scandale a grandement contriste Sa Sainteté. Elle à donné l'ordre au cardinal de n'absoudre en aucune façon le capitaine de justice, ni le fiscal royal ; bien plus Sa Sainteté pense à faire citer ad comparendum personaliter le président du sénat, quelques-uns des sénateurs les plus coupables et d'exécuter contre eux ce que les canons prescrivent, en semblable cas. « Notre Seigneur m'a ordonné d'informer Votre Seigneurie de toutes ces choses, afin qu'au nom de Sa Sainteté vous parliez de cet excès à Sa Majesté, avec toute l'énergie qu'il convient. Vous lui ferez savoir que l'opinion de Sa Béatitude est que ces sénateurs sont beaucoup moins zélés pour les intérêts de sa juridiction royale, qu'animés de la crainte de voir le cardinal exercer contre eux-mêmes sa propre juridiction, selon son habitude de procéder vis-à-vis des laïcs qui ne vivent pas chrétiennement, car parmi eux il s'en trouve plusieurs dans ce cas. » Le secrétaire d'État insiste sur la nécessité de convaincre le roi de la gravité de cette affaire ; il devra y remédier en privant le capitaine de justice et le fiscal de leurs fonctions et en les remplaçant par des officiers meilleurs. Le sénat avait envoyé à Sa Majesté de faux renseignements sur le cardinal Borromée. Le neveu de Pie V déclare qu'on l'a calomnié, en l'accusant d'avoir violé la juridiction temporelle du roi et d'avoir innové, pendant que la cause était déférée à Sa Sainteté. « Il faudra donc remplir, au nom de Sa Sainteté, un office tout contrai& à celui du sénat, et le plus tôt possible, auprès de Sa Majesté. Vous lui donnerez l'assurance que le cardinal n'a innové en rien, il n'a fait que ce qu'il faisait avant que cette querelle fût soulevée. Il prétend, et avec grande raison, que le sénat seul a innové, qu'il a fait tort à la juridiction du cardinal comme archevêque de Milan, et cela avec injustice, car Sa Seigneurie illustrissime était accoutumée à agir ainsi contre les laïcs, avant même que ces sénateurs se plaignissent à la Cour et à Rome & » Après cette mauvaise action les sénateurs, comme le fait remarquer le nonce, cherchèrent à se disculper par des mensonges ; ils accusèrent le prélat d'exagération, de se laisser guider par un zèle intempestif, sans prudence et par amour-propre. Il est ambitieux, disaient-ils ;il aspire à dominer :la rigidité de sa vie, ses abondantes aumônes, tout cela n'est qu'ostentation ;il veut se servir de sa réputation de sainteté pour arriver à ses fins en trompant le peuple. Pendant ces pourparlers et au milieu de cette colère, quelle était l'attitude du saint ? Il défendait le droit de son Église, avec vigueur et modestie, sa personne semblait rester étrangère à ces luttes et il était plein de bienveillance pour ceux qui lui faisaient opposition. Il avait écrit au roi d'Espagne, par le moyen du nonce ; il se contentait d'exposer simplement les faits au monarque, ne voulant point, dit-il, qu'on pût même supposer qu'il attendait une solution d'ailleurs que du pape. Il recommande au représentant du saint siège de ne pas aller au delà de sa propre lettre, dans son entretien avec le souverain, « à moins que Sa Sainteté n'ait donné d'autres ordres. » Il écrit à son agent de Rome, Mgr Speciano, en faveur du gouverneur de Milan : « Je ne voudrais pas, dit-il, que Sa Sainteté prît occasion de la lettre que lui a écrite le gouverneur, pour se former une opinion, différente de celle qu'elle avait déjà, du bon esprit et du zèle de ce duc pour le service de Dieu. En effet, si en une certaine façon, il n'a pu se dispenser de remplir un rôle dans les affaires de juridiction, il n'a, on peut le dire, rien fait de lui-même, il s'est borné à répéter simplement ce dont le sénat s'était plaint. » Malgré tout, le président du sénat,
avant de répondre à l'appel du souverain pontife qui le
citait à Rome, désirait se présenter devant Pie V
avec Ia recommandation de l'archevêque ; il envoya le maire de Milan
à Bellinzona où se trouvait alors le saint, en visites pastorales,
afin d'obtenir cette recommandation. Le cardinal y consentit et il écrivit
à Ormanetto : « Le président n'a pas agi avec une
mauvaise intention, je le crois ; on peut du moins le conclure de sa bonté
et de la vie spirituelle qu'il mène ; il a suivi seulement son
imagination, pensant ne pas se tromper. Ces troubles de la juridiction
ont été principalement causés par son opiniâtreté
et la trop grande confiance qu'il a en sa manière de voir. Son
voyage à Rome ne pourra donc que lui être très utile
: il y sera détrompé sur ses propres opinions et il pourra
devenir un instrument capable de nous aider dans les affaires ecclésiastiques
: dans tout le reste, il se conduit avec beaucoup de piété,
de zèle ; il est d'une vie et qualité dont on ne peut dire
que grand bien : sous ce rapport, je l'aime et je l'estime beaucoup. Votre
Seigneurie pourra rendre, en mon nom, ce témoignage à Notre
Seigneur. » Le marquis supplia l'archevêque de n'exprimer dans sa lettre au pape aucune des raisons qu'il venait d'exposer ; mais simplement de s'en remettre, sur ce point, au bon plaisir du roi et de laisser le saint père faire toutes les réflexions qui lui sembleraient bonnes. « Je lui répliquai ; dit le saint, que je
ne pouvais faire cela en aucune façon, étant le tuteur de
mon Église. » Cette légère condescendance du pape fut
prise sans doute pour une faiblesse, le sénat de Milan poussa le
gouverneur à faire usage de son autorité pour trancher une
question encore pendante, puisque le saint siège n'avait point
rendu de sentence juridique. A l'occasion de la fête du Saint-Sacrement,
le duc d'Albuquerque fit connaître au vicaire du cardinal, alors
absent de Milan, qu'il lui interdisait de conduire à la procession
la famille armée de l'archevêque. Saint Charles, en se plaignant
de ce nouvel empiètement au nonce d'Espagne, s'afflige du déplaisir
que sa sainteté aura dû éprouver de cette nouvelle
injustice. Le bon gouverneur était loin de soupçonner les
intentions de ceux qui le conduisaient dans cette voie ; les ennemis de
l'archevêque eurent même, le talent de lui persuader, comme
nous le verrons plus tard, que son devoir et sa conscience l'obligeaient
à défendre les droits de son souverain, que personne ne
songeait à usurper. Dans un poste élevé, la loyauté,
l'honneur, la bravoure ne suffisent pas toujours pour faire éviter
tous les écueils: un homme intelligent et perspicace, quoique n'ayant
pas toutes les qualités morales du gouverneur de Milan, eût
pu distinguer plus aisément le but où on le voulait mener
et empêcher tout le mal. Nous retrouverons bientôt les deux
autorités ecclésiastique et civile de Milan aux prises. |
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